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La Colère - Feu consumant ou Feu moteur ?

La Colère - Feu consumant ou Feu moteur ? Alors que la société nous enjoint à être gentil, ouvert, bienveillant, la colère a mauvaise presse. Quand la colère s'exprime, on passe pour être tranchant, mais aussi brutal, caractériel, voir borné. Un article récent (et médiocre) associait même le mot de 'connard' à 'colérique', ce qui montre à quel point la colère est mal aimée. Souvent quand elle s'exprime, c'est souvent trop tard. Alors on contient, on gère, on canalise comme on peut. Et elle ressurgit là ou on ne l'attend pas. Sur les proches, les enfants, le collègue, l'automobiliste qui nous a coupé la route... Elle se transforme, parfois en hystérie (besoins affectifs) ou rage (impuissance). Allons voir de plus près en quoi consiste la colère. J'espère ainsi vous dévoiler sa fonction d'équilibrage, bien loin du masque grimaçant qu'on lui superpose socialement. La colère est sous l'égide de Mars dieu de la guerre, et de la couleur rouge. SI elle ne s'exprime pas, elle fabrique des maladies rouges : les maladies en Ite. En médecine chinoise, on l'associe au foie. Face à la colère, on peut drainer le surplus, l'exprimer, mais le plus intéressant, c'est de comprendre son essence et de la transmuter. La colère est une émotion. Chaque émotion contient une principe double, essentiel à prendre en compte. Derrière le feu de la colère se cache une force motrice puissante, une force qui permet de construire. Cette force permet de tracer son chemin dans le monde, à travers les évènements et les relations. Plusieurs pistes d'exploration. Commençons avec la colère non exprimée. Celle qui brule de l'intérieur. Pour aller mieux tout de suite, il va falloir la 'sortir'. Comme il s'agit d'une puissance animée de type feu, il n'y a pas d'autre choix. Elle doit sortir en mouvement ou en chaleur. On peut donc exprimer ce feu de manière physique. Le sport est une piste. Mieux, le grand ménage de printemps ou le jardinage intensif, des travaux qui mettent en jeu durablement le corps, ce qui permettra de pester éventuellement tout en éliminant la charge. Cela limitera les dommages et èla clarté momentanément.


Si on exprime la colère au moment où elle se présente, on peut alors la vivre sans en souffrir.

Si on observe le moment où la colere apparait, elle est rarement destructrice. C'est au contraire la manifestation d'un détournement, d'une intrusion ou d'une injustice. Alors c'est le moment idéal pour instaurer une limite, marquer le territoire.

Regarde autour de toi, toutes les confrontations ne sont pas destructrices, on a besoin de marquer sa place pour exister pleinement sans se perdre. Du coup: oui une colere bien sentie, bien exprimée, qui ne flambe pas parce qu'elle est encore au niveau premier de l'étincelle, permet d'avoir un impact certain sur l'autre, voir un impact positif.

Imagine deux cerfs qui s'affrontent. Pas de sang, juste du territoire qui s'affirme. Dans un monde où tout est flou, sans limite, ca peut faire du bien aux deux: celui qui exprime et celui qui reçoit. Un cadre, une frontiere, ca aide à définir une relation, et donc elle peut soulager l'autre, ta colere peut amener ca. Plus tu auras confiance en tes ressentis et en l'expression de ton etre dans le monde, plus tu pourras 'défendre' ta place, ou empécher son intrusion. Plus ta colère sera utilisée pour la défense de ton être profond, plus elle donnera à l'autre en résonnance le besoin de délimiter sa place également.


Une colère subie, qui se répète, pour devenir un état latent (et qui souvent s'exprime en se trompant d'adversaire), demande qu'on s'y penche plus longuement.

Il s'agit alors de regarder l'origine cette force, et c'est peut etre là sa véritable transmutation. On parlait précédemment de force de construire; au moment où cette force surgit en toi, elle vient à ton service pour te permettre de transformer le monde. Si tu n'en fais rien, tu vas chauffer. Mais si on te détourne de ton but, tu vas chauffer également. Alors comment retrouver le feu initial, celui qui doit permettre ton expression dans la matière?

DEux possibilités. Soit tu regardes l'obstacle, soit tu regardes ce que la force initiale devait nourrir. Ta direction, ton objectif, et si on doit parler de force martial: ta victoire.

Si tu rumines contre l'obstacle tu te confrontes à l'obstacle. Tu peux faire comme précédemment, exprimer ta colère, mais parfois on s'épuise quand l'obstacle n'entend pas.

Pourquoi ne reprends tu pas l'objectif en vue, pour envisager quel nouveau chemin peut t'y amener? Que ce soit un projet concret ou une utopie. En résumé: Construire et contourner, plutôt que résister. On peut faire la guerre mais on peut aussi danser avec l'adversaire. On peut atteindre ce qu'on cherche sans faire opposition à ce qu vient mais créer un autre chemin. Concentre toi sur ce qui t'anime et la colère viendra alimenter le but plutôt que l'obstacle. L'énergie reviendra alors à son rôle initial, le moteur puissant qui te fait avancer. Et de vulgaire, la colère redeviendra ce feu sacré dans lequel il faut entendre: celui qui crée.



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