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Les blessures faites aux femmes

  • il y a 14 heures
  • 2 min de lecture

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Depuis de nombreuses semaines autour de moi ( en moi ) et en séances, les événements se multiplient autour des blessures faites aux femmes. Des femmes qui n'ont jamais osé parler de ce qu'elles ont subi, et qui parfois continuent encore à le vivre au quotidien. Des blessures profondes, infectées. Lorsqu'elles viennent me voir, je suis souvent le dernier recours. Parce que parler n'a pas suffi. Parce que les antidépresseurs, les traitements, n'ont pas suffi. L'émotion s'est enkystée si profondément que le chemin pour la transcender semble avoir disparu.Des vies entières passées à se taire pour ne pas déranger, pour ne pas ébranler l'édifice fragile de la famille. Se taire par honte, par crainte. Parce que celle qui prend la parole est souvent celle qui réveille la foudre du clan. Alors les secrets de famille continuent de coaguler en silence.Pourtant, le chemin du retour est là. Mais il faut parfois des années avant de se sentir prête à l'emprunter. Se libérer fait peur. On redoute les conséquences pour l'entourage, parce qu'on nous a appris que la bonté consistait à faire passer l'autre avant soi. Je parle ici des femmes, mais certains hommes vivent eux aussi cette réalité, et sont souvent démunis pour s'autoriser à traverser ces turbulences.Pourtant, ce qui a été enfoui cherche aujourd'hui à remonter. Comme un fruit trop mur. Et plus tôt cette souffrance pourra être reconnue, remise en circulation et prise en charge par les courants vivants qui nous relient, plus profondément notre tissu collectif pourra se régénérer, évitant que des victimes d'hier ne cherchent, à leur tour, à devenir bourreaux.La saturation apparente du discours indique que le collectif commence enfin à prendre en charge ces souffrances, afin qu'elles puissent s'apaiser. Il est bien sur question de la charge émotionnelle et du tissu humain, et non de la passivité obscène des décisionnaires.Les femmes libérées de leurs poisons intérieurs pourront retrouver leur capacité d'accueillir le monde, redevenant cet athanor où quelque chose de plus vaste peut transmuter.



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