La Colère du Juste
- il y a 1 jour
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Il existe une colère qui ne naît pas de l'ego, mais d'une faculté plus profonde : sentir les rythmes du vivant, reconnaître la justesse et discerner l'essentiel au cœur du réel.
Ces temps compliqués dissipent les illusions. Ils rendent de plus en plus difficile toute compromission avec ce qui est faux. Les inversions, les mensonges, les violences faites au vivant, les paroles qui trahissent les actes deviennent immédiatement perceptibles. Tout ce qui rompt l'équilibre crée une morsure interne.
Il ne s'agit pas d'un jugement, mais d'une perception. Comme le fil à plomb révèle l'inclinaison d'un mur sans la condamner, cette tension montre simplement ce qui s'est écarté de son axe.
La colère naît du fait d'être témoin. Elle n'est pas une violence dirigée contre le monde, mais le prix de la lucidité.
Encore faut-il demeurer vigilant. Car il suffit que l'ego s'en empare pour qu'elle se transforme en jugement. Apparaissent alors le besoin d'avoir raison, de condamner ou de s'ériger en modèle.
C'est le terrain où prospère toute manipulation. La flamme qui éclairait devient incendie du tous contre tous. Elle efface les nuances, désigne des coupables et finit par nourrir la violence qu'elle prétend combattre.
À cet instant, celui qui marchait sur le fil a perdu l'équilibre. Il devient ce qu'il dénonçait.
Notre responsabilité n'est peut-être pas d'étouffer cette colère, mais de la porter sans perdre le discernement. C'est dans cet équilibre exigeant que peuvent naître la justesse et l'action véritable.






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