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Réintegration

  • il y a 3 minutes
  • 2 min de lecture

Il y avait trop de choses qui n'allaient pas.

Le travail. Les imprévus. Les caractères qui s'entrechoquent. Le sentiment d'impuissance face à ceux qu'on aime. La chaleur qui épuise. Les actualités qui saturent.

À un moment, tout déborde.

On ne respire plus. Le monde se referme. L'enfer n'est pas loin.

Quand on accompagne les autres, il y a parfois une honte discrète : ne pas parvenir, pour soi, à traverser ce que l'on aide les autres à traverser.

Alors ça tourne. Ça rumine.

Un ami me demande : « Ça va ? »

Je réponds : « C'est pas ouf. »

Il me dit simplement : « Retourne le truc. »

Je pense alors au Mat, dans le Tarot. À cette part de nous qui continue d'avancer, même quand le chemin traverse les ronces.

Puis quelque chose lâche.

Je cesse de vouloir maîtriser. J'abandonne. Je m'abandonne.

Minute après minute, le temps ralentit. L'espace s'ouvre. La joie revient


Suite.

Beaucoup d'entre vous se sont inquiétés de ce que je pourrais traverser, suite à ce texte.

Or c'était tout sauf dans le but d'inquiéter mais plutôt décrire un processus d'accueil. Lorsque j'épouse l'ombre. Lorsque je ne rejette plus mes hontes, ma détresse, mes colères, mes impuissances.Alors quelque chose cesse de fuir.Je m'immerge totalement dans une présence dense, comme en eaux profondes.Naît une forme d'intelligence qui ne m'appartient pas et j'en deviens réceptacle. Une intelligence ( ou une force ) très différente de ce qu'on entend d'habitude.Loin du calcul, de la comparaison ou du contrôle.Une intelligence vivante. Organique. Totale.

Qui ne cherche plus à devenir quelqu'un, qui ne lutte plus contre la vie, mais respire avec elle.Comme un torrent dévale une pente, sans réfléchir au chemin ni à ce que sera demain.



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